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Archives mensuelles : novembre 2008

A vous tous qui avez peut-être lu mon blogue ces derniers temps (j’ai remarqué une recrudescence soudaine de visiteurs, probablement venant de Frank qui n’a pas pu s’empêcher de tout raconter ce qu’il ne devait pas raconter à l’école, mais bon…) je voulais m’excuser de toutes les histoires qui vous ont peut-être semblé farfelues. J’aurais toutefois une faveur à vous demander, et je vous demanderais de m’aider dans cette démarche.

Il existe des êtres qui ont des intentions ignobles, ils se promènent partout en liberté et nous dérobent quelque chose de très précieux sous notre propre nez, à notre insu. Bien que je ne puisse vraiment expliquer leurs intentions, ils doivent être localisés. Ils font partie d’une organisation dont le chef a été arrêté hier, mais qui risque de réussir à renaître de ses cendres malgré tout, à moins qu’on n’intervienne.

Ils sont identifiables à leur tenue vestimentaire. Ils portent toujours quelque chose de blanc : souliers ou chapeau ou pantalon, etc. Ce sont des hommes et des femmes qui ont l’air innocents mais qui doivent être repérés. Ils fonctionnent sous le nom de code « Disciples de Kaïros». Faisons en un jeu. Qui d’entre-vous pourra localiser le plus grand nombre de ces «disciples» ? Faites-moi parvenir vos découvertes!

Un dernier conseil: s’ils se promènent avec un contenant en verre, peu importe ce que c’est, évitez-les à tout prix !

Avez-vous déjà eu l’impression que la réalité n’est pas tout à fait au point? Qu’elle puisse être gérée par une machine nullement parfaite et où certaines des commandes qu’elle exécute ont des bogues ?

Avez-vous déjà vécu des synchronicités? Des hasards que vous partagez avec plusieurs personnes au même moment. Vous lisez un livre et au moment où vous lisez le mot “téléphone”, celui-ci sonne près de vous. Vous pensez à quelqu’un et par hasard celui-ci vous écrit un courriel pour vous dire qu’il pensait à vous.

Avez-vous déjà vécu des déjà-vu? Des moments où l’on a l’impression que la machine manque d’imagination et vous refile la même scène?

Avez-vous déjà eu l’impression que vous aviez amplement de temps et soudain vous réalisez que le temps s’est écoulé mystérieusement vite. Qu’à d’autres moments, vous devez passer quelques minutes dans le bureau du directeur et que le tout semble durer une éternité?

Toutes ces incongruités se sont données rendez-vous dans ma chambre récemment.

Ça ne va pas…

Après les cordons partout l’autre jour, maintenant des hallucinations.

L’autre soir, j’avais la tête qui tournait et j’avais mal à la main comme la veille. Ma main a toujours cette marque bizarre, elle a la forme d’un drapeau, ça fait quelques jours qu’elle est sur ma main et je n’arrive pas à la faire partir. Je ne sais même pas d’où ça vient. J’espère que ce n’est pas une maladie de peau quelconque. Pourtant je suis très fidèle à la crème solaire l’été même si mon grand-père dit toujours que quand on fait trop attention, on devient trop fragile. Je ne sais plus qui croire.

Néanmoins, j’étais assis dans mon lit et il régnait un silence incroyable. Les murs étaient tapissés de lumière qui tentait de se frayer un chemin au travers de mes rideaux. Les oiseaux se sont soudainement mis à faire un vacarme d’enfer à l’extérieur. Il y en même un qui a cogné la vitre.

J’étais assis et j’avais l’impression que j’étais le personnage principal d’un film que quelqu’un regardait et que celui-ci ne cessait de jouer avec les boutons de sa télécommande, d’écouter la scène, de la ralentir, de l’accélérer. J’avais l’impression qu’avec chaque inspiration, le temps avançait, qu’avec chaque expiration, le temps prenait un autre rythme. J’avais même l’impression d’entendre le chant des oiseaux se dérégler. J’étais sidéré de peur, convaincu que la fin des temps était arrivée. Que le mécanisme de l’univers avait été rembobiné à une époque lointaine et qu’à ce moment, les ressorts avaient donné tout ce qu’ils avaient emmagasiné.

Peut-être que tous ces changements dans ma vie me touchent plus que je ne le pense.

J’étais dans un pétrin monumental, croyant que la situation était d’une gravité sans précédent. J’attendais à l’entrée du bureau du directeur (qui venait de me sortir d’un mauvais pas), lorsque la porte s’est ouverte…c’était GRAND-PÈRE! Il avait avisé le directeur de ma mauvaise situation par téléphone (comment il a fait, je ne sais pas, mais il me surprendra toujours!) et discutait avec celui-ci pour pouvoir me ramener à la maison .

Ouf! Quel moment de soulagement lorsque la porte s’est ouverte.

Ça fait du bien de voir un visage rassurant avec tout ce que je vis ces jours-ci.

Vous connaissez mon grand-père? Il est incroyable!

Mon grand-père, entre autres choses, est une véritable encyclopédie de citations. Il dit que dans ces courtes phrases se retrouvent des leçons de sagesse que nous ne pourrions connaître par nous-mêmes qu’après des années d’apprentissage.

Ces jours-ci, il ne cesse de me dire que je dois laisser le temps arranger les choses.  J’ai fouillé mes blocs-notes pour voir si certaines citations qu’il m’avait apprises sur le thème du temps pouvaient m’aider. Il y en avait plein!

Le temps mûrit toutes choses ; par le temps toutes choses viennent en évidence ; le temps est père de la vérité. – François Rabelais

Au moins la vérité a un père qui fait plus de sens que le mien : )

Il y a deux sortes de temps : il y a le temps qui attend et le temps qui espère. – Jacques Brel

Moi, j’espère en attendant.

C’est un malheur qu’il y a trop peu d’intervalles entre le temps où l’on est trop jeune, et le temps où l’on est trop vieux. – Montesquieu

Celle-là grand-père la disait souvent. C’est le genre de leçon qu’on est heureux d’avoir apprise avant qu’il ne soit trop tard.

La vie humaine se compose de deux parties : on tue le temps, le temps vous tue. – Rastignac

Celle-là il la disait quand on lui faisait perdre son temps.

Le Christ est mort pour nos péchés. Nous devons donc en commettre un de temps en temps. Sinon, il serait mort pour rien. – Jules Feiffer

Celle-là n’a aucun rapport avec le temps, mais m’a toujours fait rire. J’aimais surtout les commentaires que ces mots provoquaient chez ma grand-mère. Elle criait «blasphème !!».

Je ne sais pas le temps qu’il nous reste promis, Mais qu’importe le temps lorsqu’on a des amis. – Robert Brasillach

Amen.

Le temps est une invention du mouvement. Celui qui ne bouge pas ne voit pas le temps passer. – Amélie Nothomb

Celle-là m’a fait du bien bizarrement!

Je n’ai rien trouvé sur le Web qui explique ce qu’on ressent lorsqu’on devient progressivement fou. Mes pensées sont claires, ma perception de la réalité l’est moins.

On ne sait apprécier les choses lorsqu’elles vont bien. C’est lorsqu’on perd cet équilibre subtil qu’on apprécie ce qu’on avait. C’est lorsqu’on a mal au pouce qu’on réalise l’utilité de celui-ci, c’est lorsqu’on a le nez bouché qu’on apprécie la richesse de pouvoir bien sentir toutes les odeurs qui nous entourent.

C’est lorsque le décor qui nous entoure se met à changer qu’on apprécie le spectacle répétitif de notre quotidien.

Les gens ne sont pas supposés avoir des espèces de cordons qui leur sortent du nombril et qui semble tracer un chemin devant eux, un chemin que les gens suivent inconsciemment.

C’est ce que je vois depuis ce matin, partout où je vais.

Depuis près d’une heure, partout, je vois des milliers de cordons de toutes les couleurs qui se croisent, s’entremêlent, se contournent, partout où je regarde, je vois apparaître ces espèces de…des espèces de cordons ombilicaux qui sortent des nombrils des gens et qui se promènent devant eux, qui s’effacent lorsqu’ils avancent et qui se prolongent pour tracer le chemin que les gens suivent.

Et on dirait que je suis le seul qui voit ces choses.

Ça apparaît, ça disparaît.

Tout mon monde change, et c’est moi que tout le monde regarde avec un air hébété, comme si c’était moi l’anomalie. D’une certaine façon, l’anomalie est effectivement moi, car je suis le seul qui soit resté normal, qui n’a pas cette espèce de machin.

Imaginez un party d’Halloween où tout le monde est déguisé et où vous arrivez sans déguisement. C’est comme ça que je me sens.

Ces espèces de cordons partout. Certains se croisent, s’emmêlent, d’autres gigotent en tout sens, d’autres sont droits.

Je suis inquiet.

J’aimerais croire qu’on m’a drogué. Que j’avais gobbé des yogourts périmés qui me font halluciner… mais non !! Mon esprit est clair, mes mouvements sont clairs, mon réel à moi est clair. C’est tout le reste qui est déréglé et je n’ai aucune idée sur la façon de réinitialiser la machine!

Heureusement que ça s’est calmé et que ça s’est arrêté.

Mais si seulement c’était tout.

Je risque de perdre toute crédibilité avec cette prochaine affirmation, mais je dois le faire quand même. J’ai l’impression d’être suivi. Je veux écrire tout cela le plus rapidement possible car j’ai peur. S’il devait m’arriver quelque chose, j’aurais au moins laissé des traces.

Je suis présentement à la bibliothèque de mon école, je me suis caché après m’être enfui. Je me suis enfui de la cour. Il m’a semblé remarquer deux individus au loin qui me regardaient. Ils étaient bizarres. Ils rigolaient dans un coin avec des pots en verre vides qu’ils ouvraient quand les gens passaient près d’eux, pour les refermer et les ranger délicatement dans un gros sac.

En observant très attentivement ces gens, j’ai compris qu’ils ne voulaient pas être vus de moi. Qu’ils avaient même fait de très gros efforts pour ne pas être vus et que ma curiosité excessive les avait contrariés. Ils avaient été découverts et, plutôt que de prendre la fuite, ils voulaient la confrontation. Leurs regards m’ont vite fait comprendre que leur intention n’était pas d’aller prendre un thé au café du coin mais plutôt de m’emmener faire un tour dans un coffre de voiture.

Ces gens ne travaillaient pas à l’école. Ils ne ressemblaient à aucun des enseignants que j’avais croisés depuis mon arrivée à l’école et il y avait quelque chose de louche dans leur apparence, trop bien habillés peut-être ? Leurs souliers blancs ??

J’ai donc fui.

J’avais l’avantage du terrain. La plus grande source de stress de tout élève entrant dans une école secondaire est l’horrible dédale caché à l’intérieur de ses murs. Des corridors et des portes qui s’enlignent sans fin et qui suivent une logique qui prend des semaines avant d’être maîtrisé. Un étranger de l’extérieur n’a aucune chance.

Quelques minutes plus tard, j’étais au confins de la bibliothèque, à un ordi, en train d’écrire ces lignes.

J’ai peur. Je ne sais plus trop où aller. Je n’arrive pas à entrer en contact avec mon grand-père.

Si je me sors de ce pétrin, je promets que je vais terminer de vider mes boîtes de déménagement.

Je suis un bateau sans passagers

Qui erre sur l’océan de son chagrin

Guidé par les vagues du passé

Suis-je destiné à échouer ?

Où es-tu ma mer que j’aimais tant ?

(Je sais, je sais. Je suis minable en poésie, mais ça m’a fait du bien d’écrire ces quelques lignes.)

J’aurais fait un très mauvais mage à l’époque des chevaliers, si mon avenir dépendait de mes visions nocturnes.

Je ne me souviens jamais de mes rêves le matin venu. Complètement dans les vapes…Plusieurs fois j’ai l’impression d’être de mauvaise humeur à cause d’un rêve que j’ai fait, mais je n’en ai pas le moindre souvenir. Alors je suis marabout sans raison valable. J’ai souvent l’impression que mes rêves tentent de me parler mais je semble être un très mauvais public. Très inattentif du moins.

J’ai fait un rêve hier soir qui m’a marqué, toutefois, par ses images inhabituelles. Tellement, que je m’en suis souvenu au matin.

On rêve parfois de lieux qu’on a visités ou de films qu’on a vus, mais les images dans mon rêve m’étaient complètement étrangères. Et surtout, il y avait une fin assez particulière. D’immenses engrenages, partout autour de moi, des cris, des coups de fusil. Une balle qui m’a atteint à la main droite. C’était une douleur assez atroce et, fait surprenant, la douleur persistait à mon réveil.

J’ai probablement accroché quelque chose pendant mon sommeil et c’est ce qui m’a éveillé aussi brutalement.

Ça doit être la tache bizarre que j’ai sur la main depuis quelque temps qui me dérange et qui m’a fait faire ce rêve idiot.

J’aimerais bien savoir sur quoi je me suis frotté, ça ne part pas cette tache. La seule chose que j’ai clarifiée à ce sujet c’est à quoi elle ressemblait : la lettre vav en hébreux…Ne me demandez pas comment j’en suis arrivé à ça!

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