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A vous tous qui avez peut-être lu mon blogue ces derniers temps (j’ai remarqué une recrudescence soudaine de visiteurs, probablement venant de Frank qui n’a pas pu s’empêcher de tout raconter ce qu’il ne devait pas raconter à l’école, mais bon…) je voulais m’excuser de toutes les histoires qui vous ont peut-être semblé farfelues. J’aurais toutefois une faveur à vous demander, et je vous demanderais de m’aider dans cette démarche.

Il existe des êtres qui ont des intentions ignobles, ils se promènent partout en liberté et nous dérobent quelque chose de très précieux sous notre propre nez, à notre insu. Bien que je ne puisse vraiment expliquer leurs intentions, ils doivent être localisés. Ils font partie d’une organisation dont le chef a été arrêté hier, mais qui risque de réussir à renaître de ses cendres malgré tout, à moins qu’on n’intervienne.

Ils sont identifiables à leur tenue vestimentaire. Ils portent toujours quelque chose de blanc : souliers ou chapeau ou pantalon, etc. Ce sont des hommes et des femmes qui ont l’air innocents mais qui doivent être repérés. Ils fonctionnent sous le nom de code « Disciples de Kaïros». Faisons en un jeu. Qui d’entre-vous pourra localiser le plus grand nombre de ces «disciples» ? Faites-moi parvenir vos découvertes!

Un dernier conseil: s’ils se promènent avec un contenant en verre, peu importe ce que c’est, évitez-les à tout prix !

Avez-vous déjà eu l’impression que la réalité n’est pas tout à fait au point? Qu’elle puisse être gérée par une machine nullement parfaite et où certaines des commandes qu’elle exécute ont des bogues ?

Avez-vous déjà vécu des synchronicités? Des hasards que vous partagez avec plusieurs personnes au même moment. Vous lisez un livre et au moment où vous lisez le mot “téléphone”, celui-ci sonne près de vous. Vous pensez à quelqu’un et par hasard celui-ci vous écrit un courriel pour vous dire qu’il pensait à vous.

Avez-vous déjà vécu des déjà-vu? Des moments où l’on a l’impression que la machine manque d’imagination et vous refile la même scène?

Avez-vous déjà eu l’impression que vous aviez amplement de temps et soudain vous réalisez que le temps s’est écoulé mystérieusement vite. Qu’à d’autres moments, vous devez passer quelques minutes dans le bureau du directeur et que le tout semble durer une éternité?

Toutes ces incongruités se sont données rendez-vous dans ma chambre récemment.

Ça ne va pas…

Après les cordons partout l’autre jour, maintenant des hallucinations.

L’autre soir, j’avais la tête qui tournait et j’avais mal à la main comme la veille. Ma main a toujours cette marque bizarre, elle a la forme d’un drapeau, ça fait quelques jours qu’elle est sur ma main et je n’arrive pas à la faire partir. Je ne sais même pas d’où ça vient. J’espère que ce n’est pas une maladie de peau quelconque. Pourtant je suis très fidèle à la crème solaire l’été même si mon grand-père dit toujours que quand on fait trop attention, on devient trop fragile. Je ne sais plus qui croire.

Néanmoins, j’étais assis dans mon lit et il régnait un silence incroyable. Les murs étaient tapissés de lumière qui tentait de se frayer un chemin au travers de mes rideaux. Les oiseaux se sont soudainement mis à faire un vacarme d’enfer à l’extérieur. Il y en même un qui a cogné la vitre.

J’étais assis et j’avais l’impression que j’étais le personnage principal d’un film que quelqu’un regardait et que celui-ci ne cessait de jouer avec les boutons de sa télécommande, d’écouter la scène, de la ralentir, de l’accélérer. J’avais l’impression qu’avec chaque inspiration, le temps avançait, qu’avec chaque expiration, le temps prenait un autre rythme. J’avais même l’impression d’entendre le chant des oiseaux se dérégler. J’étais sidéré de peur, convaincu que la fin des temps était arrivée. Que le mécanisme de l’univers avait été rembobiné à une époque lointaine et qu’à ce moment, les ressorts avaient donné tout ce qu’ils avaient emmagasiné.

Peut-être que tous ces changements dans ma vie me touchent plus que je ne le pense.

J’étais dans un pétrin monumental, croyant que la situation était d’une gravité sans précédent. J’attendais à l’entrée du bureau du directeur (qui venait de me sortir d’un mauvais pas), lorsque la porte s’est ouverte…c’était GRAND-PÈRE! Il avait avisé le directeur de ma mauvaise situation par téléphone (comment il a fait, je ne sais pas, mais il me surprendra toujours!) et discutait avec celui-ci pour pouvoir me ramener à la maison .

Ouf! Quel moment de soulagement lorsque la porte s’est ouverte.

Ça fait du bien de voir un visage rassurant avec tout ce que je vis ces jours-ci.

Vous connaissez mon grand-père? Il est incroyable!

Mon grand-père, entre autres choses, est une véritable encyclopédie de citations. Il dit que dans ces courtes phrases se retrouvent des leçons de sagesse que nous ne pourrions connaître par nous-mêmes qu’après des années d’apprentissage.

Ces jours-ci, il ne cesse de me dire que je dois laisser le temps arranger les choses.  J’ai fouillé mes blocs-notes pour voir si certaines citations qu’il m’avait apprises sur le thème du temps pouvaient m’aider. Il y en avait plein!

Le temps mûrit toutes choses ; par le temps toutes choses viennent en évidence ; le temps est père de la vérité. – François Rabelais

Au moins la vérité a un père qui fait plus de sens que le mien : )

Il y a deux sortes de temps : il y a le temps qui attend et le temps qui espère. – Jacques Brel

Moi, j’espère en attendant.

C’est un malheur qu’il y a trop peu d’intervalles entre le temps où l’on est trop jeune, et le temps où l’on est trop vieux. – Montesquieu

Celle-là grand-père la disait souvent. C’est le genre de leçon qu’on est heureux d’avoir apprise avant qu’il ne soit trop tard.

La vie humaine se compose de deux parties : on tue le temps, le temps vous tue. – Rastignac

Celle-là il la disait quand on lui faisait perdre son temps.

Le Christ est mort pour nos péchés. Nous devons donc en commettre un de temps en temps. Sinon, il serait mort pour rien. – Jules Feiffer

Celle-là n’a aucun rapport avec le temps, mais m’a toujours fait rire. J’aimais surtout les commentaires que ces mots provoquaient chez ma grand-mère. Elle criait «blasphème !!».

Je ne sais pas le temps qu’il nous reste promis, Mais qu’importe le temps lorsqu’on a des amis. – Robert Brasillach

Amen.

Le temps est une invention du mouvement. Celui qui ne bouge pas ne voit pas le temps passer. – Amélie Nothomb

Celle-là m’a fait du bien bizarrement!

Je n’ai rien trouvé sur le Web qui explique ce qu’on ressent lorsqu’on devient progressivement fou. Mes pensées sont claires, ma perception de la réalité l’est moins.

On ne sait apprécier les choses lorsqu’elles vont bien. C’est lorsqu’on perd cet équilibre subtil qu’on apprécie ce qu’on avait. C’est lorsqu’on a mal au pouce qu’on réalise l’utilité de celui-ci, c’est lorsqu’on a le nez bouché qu’on apprécie la richesse de pouvoir bien sentir toutes les odeurs qui nous entourent.

C’est lorsque le décor qui nous entoure se met à changer qu’on apprécie le spectacle répétitif de notre quotidien.

Les gens ne sont pas supposés avoir des espèces de cordons qui leur sortent du nombril et qui semble tracer un chemin devant eux, un chemin que les gens suivent inconsciemment.

C’est ce que je vois depuis ce matin, partout où je vais.

Depuis près d’une heure, partout, je vois des milliers de cordons de toutes les couleurs qui se croisent, s’entremêlent, se contournent, partout où je regarde, je vois apparaître ces espèces de…des espèces de cordons ombilicaux qui sortent des nombrils des gens et qui se promènent devant eux, qui s’effacent lorsqu’ils avancent et qui se prolongent pour tracer le chemin que les gens suivent.

Et on dirait que je suis le seul qui voit ces choses.

Ça apparaît, ça disparaît.

Tout mon monde change, et c’est moi que tout le monde regarde avec un air hébété, comme si c’était moi l’anomalie. D’une certaine façon, l’anomalie est effectivement moi, car je suis le seul qui soit resté normal, qui n’a pas cette espèce de machin.

Imaginez un party d’Halloween où tout le monde est déguisé et où vous arrivez sans déguisement. C’est comme ça que je me sens.

Ces espèces de cordons partout. Certains se croisent, s’emmêlent, d’autres gigotent en tout sens, d’autres sont droits.

Je suis inquiet.

J’aimerais croire qu’on m’a drogué. Que j’avais gobbé des yogourts périmés qui me font halluciner… mais non !! Mon esprit est clair, mes mouvements sont clairs, mon réel à moi est clair. C’est tout le reste qui est déréglé et je n’ai aucune idée sur la façon de réinitialiser la machine!

Heureusement que ça s’est calmé et que ça s’est arrêté.

Mais si seulement c’était tout.

Je risque de perdre toute crédibilité avec cette prochaine affirmation, mais je dois le faire quand même. J’ai l’impression d’être suivi. Je veux écrire tout cela le plus rapidement possible car j’ai peur. S’il devait m’arriver quelque chose, j’aurais au moins laissé des traces.

Je suis présentement à la bibliothèque de mon école, je me suis caché après m’être enfui. Je me suis enfui de la cour. Il m’a semblé remarquer deux individus au loin qui me regardaient. Ils étaient bizarres. Ils rigolaient dans un coin avec des pots en verre vides qu’ils ouvraient quand les gens passaient près d’eux, pour les refermer et les ranger délicatement dans un gros sac.

En observant très attentivement ces gens, j’ai compris qu’ils ne voulaient pas être vus de moi. Qu’ils avaient même fait de très gros efforts pour ne pas être vus et que ma curiosité excessive les avait contrariés. Ils avaient été découverts et, plutôt que de prendre la fuite, ils voulaient la confrontation. Leurs regards m’ont vite fait comprendre que leur intention n’était pas d’aller prendre un thé au café du coin mais plutôt de m’emmener faire un tour dans un coffre de voiture.

Ces gens ne travaillaient pas à l’école. Ils ne ressemblaient à aucun des enseignants que j’avais croisés depuis mon arrivée à l’école et il y avait quelque chose de louche dans leur apparence, trop bien habillés peut-être ? Leurs souliers blancs ??

J’ai donc fui.

J’avais l’avantage du terrain. La plus grande source de stress de tout élève entrant dans une école secondaire est l’horrible dédale caché à l’intérieur de ses murs. Des corridors et des portes qui s’enlignent sans fin et qui suivent une logique qui prend des semaines avant d’être maîtrisé. Un étranger de l’extérieur n’a aucune chance.

Quelques minutes plus tard, j’étais au confins de la bibliothèque, à un ordi, en train d’écrire ces lignes.

J’ai peur. Je ne sais plus trop où aller. Je n’arrive pas à entrer en contact avec mon grand-père.

Si je me sors de ce pétrin, je promets que je vais terminer de vider mes boîtes de déménagement.

Je suis un bateau sans passagers

Qui erre sur l’océan de son chagrin

Guidé par les vagues du passé

Suis-je destiné à échouer ?

Où es-tu ma mer que j’aimais tant ?

(Je sais, je sais. Je suis minable en poésie, mais ça m’a fait du bien d’écrire ces quelques lignes.)

J’aurais fait un très mauvais mage à l’époque des chevaliers, si mon avenir dépendait de mes visions nocturnes.

Je ne me souviens jamais de mes rêves le matin venu. Complètement dans les vapes…Plusieurs fois j’ai l’impression d’être de mauvaise humeur à cause d’un rêve que j’ai fait, mais je n’en ai pas le moindre souvenir. Alors je suis marabout sans raison valable. J’ai souvent l’impression que mes rêves tentent de me parler mais je semble être un très mauvais public. Très inattentif du moins.

J’ai fait un rêve hier soir qui m’a marqué, toutefois, par ses images inhabituelles. Tellement, que je m’en suis souvenu au matin.

On rêve parfois de lieux qu’on a visités ou de films qu’on a vus, mais les images dans mon rêve m’étaient complètement étrangères. Et surtout, il y avait une fin assez particulière. D’immenses engrenages, partout autour de moi, des cris, des coups de fusil. Une balle qui m’a atteint à la main droite. C’était une douleur assez atroce et, fait surprenant, la douleur persistait à mon réveil.

J’ai probablement accroché quelque chose pendant mon sommeil et c’est ce qui m’a éveillé aussi brutalement.

Ça doit être la tache bizarre que j’ai sur la main depuis quelque temps qui me dérange et qui m’a fait faire ce rêve idiot.

J’aimerais bien savoir sur quoi je me suis frotté, ça ne part pas cette tache. La seule chose que j’ai clarifiée à ce sujet c’est à quoi elle ressemblait : la lettre vav en hébreux…Ne me demandez pas comment j’en suis arrivé à ça!

Quelqu’un a un truc pour faire disparaître des tâches tenaces? J’ai dû m’accrocher quelque part et j’ai la main droite tachée de marques noires qui ne veulent plus partir. J’ai vérifié sur le Web et j’ai tout essayé : essence à briquet, du citron, de la petite vache, mais rien à faire. C’est particulier quand même, ça ressemble presque à un signe :

Je me sens seul.

Je suis à l’hôpital depuis des heures et j’ai un gros down. J’ai le temps d’écrire alors j’ai sorti mon téléphone, ma tête est trop pleine.

Ces souvenirs où j’étais heureux dans ma petite communauté de Saint-Jean à Terre-Neuve, où tout m’était si familier, ces souvenirs sont tellement loin. Pourtant si peu de temps s’est écoulé depuis mon arrivée ici, dans ce nouveau monde.

On ne devrait pas tourner le dos à notre passé.

On ne peut pas fuir nos souvenirs, peu importe où on va, ils nous suivent. Il va falloir que je les affronte un jour ou l’autre.

En attenant, j’ai l’impression d’être un zombie en quête de cervelles. J’ai quitté un lieu où les gens se parlaient, où les gens étaient attachés les uns aux autres, où des élèves comme moi pouvaient être bons à l’école sans se faire humilier par une masse d’élèves moyens qui sentent le besoin de ridiculiser ceux qui réussissent. Tant qu’on met des efforts à abaisser les autres, on ne peut s’élever plus haut. Ça m’a pris du temps à comprendre ça, mais s’il y avait plus de monde qui pensaient comme ça, on verrait moins de médiocrité partout.

Ici, c’est un milieu plat, sans forme ni textures, sans goût ni odeur. Un territoire où l’on vénère l’imbécillité. Bref, je déteste mon nouveau quartier, je déteste ma nouvelle école.

Mon grand-père dit qu’il faut que je laisse le temps aller, que les choses vont s’arranger.

Peut-être que dans cette masse d’élève que je vois tous les jours, je trouverai des amis à la hauteur de Jonathan et Frank que j’ai dû abandonner avec le déménagement.

J’appréhendais l’arrivée dans cette nouvelle école remplie de visages inconnus. J’étais supposé commencer plus tôt, mais mon grand-père avait mal rempli les papiers (il est pourtant si minutieux). Les gens de l’école voulaient le rencontrer pour régler quelques petits détails. C’est bien beau d’être une école privée qui donne l’impression que tant qu’on paye on peut faire partie de l’élite des élèves, ils sont téteux sur les détails de papeterie à remplir !

Grâce à tout ça j’ai tout de même eu droit à deux jours de congé (et non, je n’ai pas vidé mes boîtes, mais j’ai retrouvé des sous-vêtements propres!).

Peu après mon arrivée, vers 10 h, l’école a été évacuée! Un incendie s’est déclaré dans la cuisine de la cafétéria. Il semblerait qu’un employé maladroit a fait tomber des bonbonnes de gaz, un de ses collègues l’aurait vu faire et aurait corrigé la situation avant que ça ne soit trop grave. Quelques serviettes de papiers auraient aussi été oubliées sur le four, ce qui aurait déclenché l’alarme. Ça aurait suffi à déclencher le systèmes d’arrosage et à inonder quelques locaux ainsi que la cafétéria. Les élèves sont donc retournés à la maison !

Ce sont des rumeurs de cours d’écoles, on sait tous ce que ça vaut. Je ne sais pas si c’est vraiment basé sur des faits réels, mais c’est tout ce que j’ai pu apprendre.

Pas très habile le cuisinier maladroit, mais très apprécié par la population étudiante pour ce congé bonus!

Vingt-quatre !

La voisine du logement du bas a un zoo félin dans sa cours!

Je suis allé explorer les environs un peu plus tôt et j’ai remarqué une circulation particulièrement abondante de minous dans le quartier. À mon retour,  j’ai découvert un va-et-vient important de ces chats dans la cour arrière du logement du rez-de-chaussée. C’est à ce moment que j’ai compris que la voisine du bas collectionne les chats !

Une véritable crazy cat lady ! J’avais déjà lu des articles à propos de ces dames âgées un peu dérangées qui ne savent pas quand s’arrêter dans leur intention de prendre soin des petits animaux de compagnie, mais je n’aurais jamais cru partager mon espace avec l’un d’entre elles. Un entrefilet m’avait justement marqué dans le journal d’hier : une vieille dame, en Roumanie, avait été bouffée par ses 20 chats après sa mort. Personne ne savait qu’elle était morte et lorsque ses fidèles petits compagnons ont eu faim….Berk !

J’en ai dénombré vingt-quatre en tout à l’extérieur. J’imagine qu’il y a en d’autres à l’intérieur et d’autres qui se promènent dans le quartier !

J’irai faire un tour plus tard pour m’assurer qu’elle est bien vivante…

C’est ce que j’essaie de me raconter depuis des semaines.

J’espère avoir laissé mes malheurs derrière moi.

Littéralement.

Les déménageurs viennent de partir, il y a quelques instants, laissant boîtes et meubles un peu n’importe comment dans le petit appartement de mon grand-père. Ma nouvelle chambre a l’air d’un entrepôt. J’ai trouvé ma couverture et mon oreiller que j’ai déposés sur le lit. J’avais avec moi mon ordi, pas question de confier quelque chose d’aussi précieux à ces gorilles de déménageurs. Je les garde toujours avec moi, mon ordi et le téléphone avec accès Internet/sms/courriel que mon grand-père m’avait payé pour mon anniversaire l’an dernier (ça avait rendu mes amis tellement jaaaaloux!).

Il est comme ça grand-père. Il m’aime, il aime donner, et de plus, à mon grand bonheur, il aime les gadgets, donc : il aime me donner des gadgets ! : )

Grand-père habite Laval, la banlieue la moins excitante de la grande région de Montréal. C’est peut-être pour ça qu’il aime s’échapper dans l’électronique et le virtuel.

Moi j’habitais, je suis né, j’ai grandi, à St-Jean, Terre-Neuve, dans une communauté de francophones. L’électronique était une façon pour moi de maintenir le contact avec mon groupe d’amis.

Après l’accident de ma mère, mon grand-père s’est empressé de venir me rejoindre. Il est resté quelques mois dans notre ancienne maison, le temps de régler tous les papiers. Le dernier papier à régler (je pense qu’il l’avait volontairement mis de côté pour la fin) concernait la décision qu’il trouvait la plus difficile à prendre : garder la maison à St-Jean afin qu’on y vive ensemble ou m’emmener à Laval habiter son petit appartement.

Bizarrement, le choix était simple dans ma tête. Lorsqu’il s’est assis avec son air sérieux, les doigts croisés, me regardant de ses yeux verts révélants une lueur de nos ancêtres irlandais, me disant qu’il voulait qu’on prenne une décision ensemble, je n’ai pas hésité une seconde :  se débarasser le plus vite possible de toutes ces choses qui me rappellent mon passé pourri et recommencer ailleurs, peu importe l’endroit.

M’échapper.

Là-bas, c’était drôle et sympathique, je connaissais tout le monde, tout le monde me connaissait, il y avait un sentiment de communauté. Mais tout ça s’est retourné contre moi après les malheurs récents. Tout le monde me regardait avec un air de pitié, tout le monde me parlait avec une note de tristesse. Il ne suffisait pas que mon quotidien me rappelle la merde dans laquelle je baignais, il fallait que la population locale au complet mette sa robe noire et ses gants blancs de sympathie trop souvent hypocrite pour m’adresser la parole. Je ne voulais plus être identifié comme étant celui que le destin a décidé de faire ch@#r.

J’ai donc choisi de faire le saut. De me lancer du haut de la falaise. On attend parfois d’être au bord du précipice pour apprendre à voler.

Le jeu est risqué. Tout recommencer, restituer son cercle d’amis un mois après la rentrée des classes, en 3e secondaire, quand tous les groupes, gangs, cliques et tribus ont été formés depuis longtemps déjà. Je me dirige tout droit vers un naufrage social. Je m’en fous, je veux qu’on me laisse tranquille de toute façon.

Si je n’apprends pas à voler, j’espère qu’il y aura beaucoup d’eau en bas pour noyer mon amertume.

J’espère que le destin est fier de son travail.

Parce que je ne suis pas prêt à lui pardonner.

Mais je lui donne une chance de se reprendre.

Il y a trois mois, ma mère est morte.

Une date que je peux retenir facilement car je pleure encore son absence, mais aussi parce que l’événement s’est produit le jour de mon anniversaire.

Un accident de voiture bête, quelqu’un a brûlé un feu rouge et elle s’est retrouvée au mauvais endroit, au mauvais moment.

Depuis, je tente de trouver un sens à la vie. À quoi peut-on croire lorsque notre mère nous dit qu’elle nous aimera pour toujours mais que le destin en décide autrement ? Si le destin a fait mentir ma mère, pourquoi serait-il plus clément avec moi ? Il vaut mieux vivre au quotidien. La mort est certaine, seule l’heure est inconnue.

Vous allez dire que je vis mal mon deuil ? Vous croyez que vous feriez mieux? J’aimerais vous mettre au défi, mais ça représenterait la perte d’un être cher pour vous aussi, alors n’allons pas dans cette direction.

Mon grand-père s’occupera de moi dorénavant. Il semblerait que c’était dans les volontés de ma mère. Dans son testament.

Si vous vous demandez pourquoi ce n’est pas mon père qui prend la relève, c’est tout simplement parce que ce trou de postérieur nous a abandonnés, ma mère et moi, quelques mois après ma naissance. Je ne l’ai jamais connu, je n’ai jamais su quel genre de personnage il était. Ça ne m’intéresse pas de toute façon. Si quelqu’un est assez cruel pour abandonner sa famille, cette personne ne mérite pas qu’on lui accorde un quelconque intérêt.

Ma mère ne lui en a jamais voulu, bizarrement. Son ton envers lui était toujours très compatissant, disant qu’il avait probablement de bonnes raisons et qu’on ne pouvait en vouloir à quelqu’un toute sa vie.

Tant mieux pour elle.

Moi je ne l’ai jamais digéré.

Et voilà que, quinze ans plus tard, on tente de me fait avaler une autre grande leçon de la vie ?

Et voilà que je dois tenter de ne pas être rancunier envers le destin?

Je baisse les bras.

Je n’ai même pas assez de force pour me battre. J’ai passé les trois derniers mois enfermé dans ma chambre. À regarder le plafond et à en vouloir à tout le monde

Mon grand-père est venu me voir ce matin. Il m’a rappelé une chose qu’il me répète souvent: un problème paraît toujours moins pire si on le couche sur une feuille de papier. Une fois couché, il se calme et se laisse découvrir.  Il m’avait aussi appris à jouer de l’harmonica et à aimer les dominos.

L’harmonica et les dominos ne m’ont pas aidé à mieux vivre mon deuil. Mais j’ai toujours aimé écrire, et…pourquoi j’écris ça donc? Ah oui, coucher les problèmes…ça explique peut-être ce qui m’a donné le goût de recommencer à écrire. J’ai toutefois remplacé le vieux bloc-notes, que je traîne partout où je vais par son cousin numérique : le blogue.

J’avais ce blogue depuis un certain temps, je le nourrissais peu et il grandissait mal. Je m’étais amusé à décrire des choses vides sur moi, à dévoiler des parties de mon existence, mais je n’ai jamais osé briser l’os pour laisser découvrir la substantifique moelle (merci, monsieur Rabelais) de ma personne. Maintenant, je suis malade, mon âme est malade, tout le monde s’en fout, et je cherche la guérison en écrivant publiquement pour essayer de donner du sens à ma nouvelle existence. Pour coucher, tout nu sur un lit numérique, mon intimité psychologique. Je me sens à la fois exhibitionniste et plaignard. Je n’ai jamais eu l’habitude de laisser les autres lire les innombrables blocs-notes que je noircis depuis des années, mais j’ai l’impression que le nouvel univers dans lequel je suis maintenant piégé me pousse à crier haut et fort ce que je ressens…en espérant…en souhaitant que quelqu’un m’entende et me comprenne.

Alors à vous qui me lisez je vous salue. Bienvenue à ma thérapie de groupe en solitaire, veuillez m’endurer, certaines confidences nous amèneront peut-être sur un chemin où nous nous rejoindrons. Je suis comme un oiseau qui n’a plus envie de voler et qui décide de marcher.

Je ne crois pas que je serais un super héro moderne…comme superman ou batman.

Il y a un charme dans les chevalier médiévaux qu’on ne retrouve pas dans les héros moderne. Un homme avec ses peurs et ses inquiétudes avec seule son armure pour le protéger, une épée pour combatre, un cheval pour l’accompagner au combat.

Des héros tels Lancement qui Lancelot, qui sauve la reine Guenièvre prisonnière de Méléagant et qui, comme le décrit wikipedia : en sauvant la reine, Lancelot rétablit l’équilibre du monde.

Pas de gros monstre à 4 bras, pas de méchant savant fou juste un homme qui grâce à son courage vient rétablir l’ordre!

Parfois je vois des choses – je me dis qu’il y a un truc mais je dois admettre qu’il y a un certain plaisir à vouloir croire que tout est réel – c’est nous qui nous entêtons à ne pas croire.

Dans ce cas-ci, c’est vraiment fascinant à voir :

J’ai toujours adoré les dominos. C’est un jeu si simple mais c’est ce qui le rend intéressant. On l’apprend vite mais on passe des années à essayer de comprendre. Les origines du jeu sont mystérieuse, le plus vieux jeu aurait été trouvé dans la tombe de Touthankamon en Égypte.

Le mot « domino » proviendrait de la similitude entre les pièces du jeu (recto blanc, verso noir) et l’habit des religieux dominicains (lequel est blanc, mais peut être recouvert d’une cape noire servant de manteau).

Si vous cherchez à ma voir – la meilleure façon de m’attirer c’est d’amener votre boîte de dominos. Et si vous voulez me voir veiller à un party de famille…sortez les dominos!

View of St. John’s from The Rooms

Mon ami Frank m’avait mentionné que partir son blogue est parfois compliqué – il m’a donné un bon truc pour développer la chose : faire une liste de choses qui me décrivent et faire un post par item – j’aime bien! Alors, voilà c’est parti!

Mon nom est Frédéric Greene, j’ai 14 ans. J’habite St-Jean, Terre-Neuve. Un village bien tranquille où les gens se divertissent comme ils peuvent, résultant parfois en des circonstances qui me font honte et qui se retrouvent sur youtube mais bon :

Je vais à l’école des Grands Vents. Une petite école sympathique située pas très loin de chez moi. Nous sommes peu nombreux et c’est ce qui rend l’ambiance sympathique. C’est une école qui offre principalement la formation en français, ce qui m’a permis de découvrir des copains francophones (salutations à Frank et Jonathan).

Ma mère travaille au Village Shopping Centre, un des rares centres commerciaux à avoir son entrée dans Wikipedia (pourquoi!!?). Elle est vendeuse chez Cotton Ginny, une boutique qui vend du linge “écolo sympathique”. Elle dit que ça lui donne une bonne conscience. C’est une rêveuse, elle rêve de s’ouvrir sa propre boutique, mais le marché ici est déjà saturé de commerces. Certes c’est un passe-temps important, le magasinage, dans ce coin de pays, mais il y a des limites à la masse de clients à atteindre.

Vue du «centre-ville» de St-JeanJ’aime bien ma ville (village?), bien qu’il y ait peu de choses à faire. Tout le monde se connaît un peu et s’entraide. J’ai peur des grandes villes, je vois des images à la télé, on pourrait croire que quelqu’un tomberait raide mort sur le trottoir et que les gens n’en seraient guère concerné. Si quelqu’un tombait raide mort sur Kenmount Road et la ville arrêterait de fonctionner pendant quelques jours ! (j’exagère peut-être un peu, mais vous comprenez l’idée…)

Pour passer le temps, j’aime bien aller dessiner sur le mont Scio, faire des sorties de pêches avec la famille ou les amis. Je ne suis pas très sportif, je regarde un peu les matchs locaux de rugby, de hockey.

Ce n’est probablement pas le lieu le plus dynamique au monde, mais l’air de la mer, les gens, le décor et l’hospitalité en font un lieu unique que je n’échangerais pas pour rien au monde.

Wow – un site de t-shirt comme je les aime – ça ferait du bien de changer de ma routine hebdomadaire :

http://www.rumplo.com/

woohoo – ça faisait longtemps que je voulais m’installer un blogue – fini la procrastination – c’est fait…

maintenant…trouver des sujets…

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